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LA
DEGUSTATION
Préparer
la Dégustation
L' art de bien déguster n' est pas
nouveau, mais il s' est perfectionné avec le temps. On sait aujourd'hui
qu'une bonne dégustation nécessite une préparation. La première
précaution à prendre est de porter le vin à la température optimale.
Celle-ci est voisine de celle du service à table, mais il faudra
la prévoir un peu plus élevée, notamment pour les blancs, ce qui
aura pour effet de mettre en valeur les arômes et de faciliter
la recherche d' une éventuelle trace d' acidité volatile.
Il faut aussi préparer l' ordre dans lequel seront présentées
les bouteilles. Pour que les dégustateurs puissent en retirer
un plaisir optimal, l'idéal est d' assurer une progression en
richesse ou en intensité. Mais cela demande, bien sûr, de bien
connaître les différents vins et ne met pas toujours à l' abri
des surprises. Enfin, il est préférable d' organiser la séance
en fin de matinée, moment où les sens sont le plus aiguisés.
Des
robes à lire
Toute dégustation commence par l'examen
de la robe (la couleur et l' aspect visuel) du vin. Pour ce faire,
il faut prendre le verre par le pied et le porter à la hauteur
des yeux en le dirigeant vers une source de lumière, puis le baisser
en l'inclinant de 45° en le plaçant devant une surface blanche,
une feuille de papier si la couleur du mur ne convient pas. Ainsi,
il est possible d' observer la transparence du vin. La robe doit
être bien colorée, limpide et brillante. S'il est normal qu'un
vin âgé présente un dépôt, c'est généralement un signe de troubles
ou de maladie chez les jeunes.
Toutefois, il ne faut pas tirer de conséquences hâtives
sans aller plus avant dans la dégustation. Ainsi, pour un blanc,
il peut s' agir d'une précipitation tartrique sans danger, résultant
d'une limitation volontaire des traitements. La couleur est elle
aussi riche d' enseignements, mais, là encore, la prudence s'impose.
Une couleur intense peut être due à un chauffage de la vendange,
et le brillant résulter d'une filtration excessive qui se paie
d'une perte de richesse ou d' équilibre.
Un
Bouquet riche en Surprises
La seconde étape est l' examen des
parfums. Pour ce faire, il faudrait en théorie reposer le verre
sur la table, le humer, le faire tourner sur lui-même et le porter
à son nez. En fait, de nos jours, la plupart des dégustateurs
se contentent de le sentir une première fois au repos puis de
l' agiter doucement pour permettre aux odeurs de se dégager, Alors
ils le hument une seconde fois en respirant plus profondément.
Loin d' être un simple préambule, l' analyse olfactive constitue
un temps fort, riche en surprises, le bouquet des vins pouvant
être composé à partir de quelque 600 substances, aussi bien d'
origine primaire (du raisin, tels les arômes de fruits), fermentaire
(comme le beurre) ou bien encore provenant de l' élevage (le bois).
Jeune, un vin exhale des parfums frais et fruités, comme
le cassis qu' apporte le cabernet-sauvignon ou le litchi, marque
du gewurztraminer. Si quelque senteur étrange ou désagréable apparaît,
il convient de bien distinguer entre celles qui ôteront tout espoir
(vinaigre, croupi) et une odeur simplement surprenante, de renfermé
ou de goudron. Celle-ci peut être liée à un état passager du vin,
et disparaître vite, ou être due à un cépage (syrah pour le goudron).
A
la recherche de l'Harmonie
Il ne reste plus qu' à mettre le
vin en bouche pour découvrir son goût. Pour ce faire, il faut
prendre une gorgée (de 6 à 10 ml) puis la faire tourner dans le
palais pour bien en saisir toutes les saveurs. Ensuite, quand
c' est possible sans choquer le voisinage, le dégustateur aspire
un peu d' air. Enfin, il avale ou recrache le vin, mais la dégustation
ne s' arrête pas là, car les arômes vont persister quelque temps
(jusqu' à trente secondes pour les très grands vins). Deux saveurs
interviennent principalement dans la formation du goût, la sucrée
et l' acide. Mais elles se combinent, surtout dans les rouges,
avec les sensations tanniques.
Le rapport entre ces différentes composantes dépend du type de
vin : au même âge (un ou deux ans), un vin à boire jeune sera
léger, fruité et flatteur, tandis qu'un vin de garde pourra être
âpre, Une bonne dégustation tendra donc à découvrir non seulement
la puissance, l' équilibre et le potentiel d'un vin, mais aussi
son harmonie. Essentielle, cette notion devra être privilégiée
lors de la rédaction, toujours souhaitable, des fiches de dégustation,
et elle permettra ainsi d' associer la rigueur au plaisir.
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